Le Domaine Trinity, le parc Honoré-Mercier, le parc des Éclusiers et la Place publique du Vieux-Saint-Jean prennent des allures de fête!

Découvrez l’univers fascinant des origines de nos fêtes populaires au travers cinq capsules vidéo instructives et poétiques.

Pour en savoir plus sur ce projet, lisez le communiqué.

Mai, mois de la renaissance

Depuis des temps immémoriaux, différentes peuplades européennes ont souligné la renaissance de la nature dans la nuit du 30 avril au 1er mai par des festivités qui se déroulaient autour d’un jeune arbre décoré de longs rubans. On y dansait, réchauffé par un feu de joie. Chez les Celtes d’Écosse, cette fête du feu portait le nom de Beltane.

Dans certains groupes germaniques, cette nuit, dite « Sabbat des sorcières », a pris un tout autre sens avec l’avènement du christianisme; il devint alors interdit d’avoir recours aux sciences occultes et à la magie pour chasser les mauvais esprits, comme on le faisait dans la tradition païenne. On réagit clandestinement à cette interdiction en ajoutant des rites qui consistaient à profaner certaines cérémonies chrétiennes autour d’un feu purificateur.

Le mois de Marie

Pour les catholiques, le mois de mai était consacré à Marie, celle qui a donné naissance à Jésus. À cette occasion, les paroissiens se rassemblaient régulièrement à l’église pour assister à des offices de circonstance. Ils en profitaient pour orner le sanctuaire des fleurs vivaces de leur jardin. Un agréable effluve de muguets et de lilas envahissait alors l’église.

Pour pallier à leur éloignement du lieu de culte, les paroissiens des campagnes célébraient à leur manière, le mois de Marie autour d’une Croix de Chemin qu’ils avaient érigée. Plusieurs font encore partie du paysage du Haut-Richelieu.

La plantation du mai

Photo d'époque de la plantation du mai

Ornement du mai par les villageoises lors d’une reconstitution de la cérémonie de la plantation du mai à L’Acadie en 2019. Photo par Marjolaine Mailhot.

L’implantation des seigneuries en Nouvelle-France a été accompagnée de quelques traditions françaises. La plantation du mai consistait à rendre hommage à un personnage important. Lors de ce cérémonial célébré le premier mai, on plantait, devant le manoir seigneurial, le presbytère ou la maison du capitaine de milice, un grand sapin ébranché sur sa longueur en ne conservant que les branches de la cime, qu’on décorait de rubans. Une fois redressé, on tirait du fusil afin d’en noircir le tronc et plus on le noircissait, plus on appréciait le principal concerné! Dans certaines seigneuries, cette coutume est demeurée jusqu’à l’abolition du régime seigneurial, au milieu du 19e siècle.

Nous avons pu revivre cette tradition de la plantation du mai dans le village de L’Acadie en 2018 et 2019.

On croit qu’il y aurait un lien avec une cérémonie romaine en l’honneur de la déesse Maïa, qui a laissé son nom au mois de mai. Cette divinité de la semence et de la fertilité favorisait, disait-on, le développement de la vie et plus particulièrement, celle des végétaux.

 

Et, comme chantaient les coureurs de bois en pagayant : « C’est dans le mois de mai, en remontant la rivière, c’est dans le mois de mai, que les filles sont belles ».

Textes de Réal Fortin

 

En Nouvelle-France

La Plantation du mai fut importée en Nouvelle-France très tôt. Le Père Lejeune, un jésuite, nous renseigne à ce sujet en mentionnant que dès 1637, le gouverneur Charles Jacques Huault de Montmagny fit dresser un arbre devant l’église de Québec, sur lequel on fit des décharges d’arquebuses.

 Souvent attribuée au seigneur, cette fête pouvait également être de mise pour toute personnalité importante du village, tel un capitaine de milice, ce qui fut le cas à L’Acadie.

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Ici à L’Acadie

Le 1er mai 1831, une centaine de miliciens arrivent chez le sieur Desranleau, leur capitaine, qui demeurait au ruisseau des Noyers pour planter un “mai” à sa porte. Le banquet usuel était prêt. Madame Desranleau, née Lucie Roulier et qui a vécu si longtemps (quatre-vingt-dix ans), avait déjà préparé des gâteaux de toutes sortes et fait rôtir quatorze dindons! Mais la joie ne fut pas longue. On avait à peine commencé à élever le “mai”, qu’une étemperche (longue perche

servant à soutenir un échafaudage) tombe accidentellement sur le sieur Joseph Roulier, dit Boucher, le beau-père du capitaine, et le tue instantanément! Tout le monde fut atterré. Le banquet n’eût pas lieu: les mets furent envoyés en grande partie chez les voisins et les pauvres. Joseph Rouilier avait soixante-sept ans.

(réf. Racontages de L’Acadie au temps d’avant… Nicole M. Verenka)

Pâques, le poisson d'avril et le temps des sucres

Le poisson d’avril

Qui ne s’est pas fait prendre avec un poisson d’avril accroché à son dos le premier avril?

On croit que ce jour consacré aux plaisanteries aurait débuté à la suite de modifications apportées au calendrier au 16e siècle. Autrefois, l’année ne débutait pas le 1er janvier. Elle débutait généralement à Pâques, qui n’a pas de date fixe. Le premier jour de l’année se situait donc entre le 22 mars et le 25 avril, c’est-à-dire un peu avant ou après le 1er avril. Puisque cette fête annonçait la fin du carême, on en profitait pour offrir du poisson, emblème des premiers chrétiens.

C’est le 9 août 1564 que le roi de France, Charles IX, décrète que le premier janvier serait dorénavant le premier jour de l’année. L’application n’a pas été aussi simple. Comme on avait l’habitude de procéder à des échanges de présents lors du changement d’année, plusieurs oubliaient cette mutation et se trompaient de date. En guise de moquerie, on leur offrait de faux poissons en retour. De là aurait pris naissance la tradition du poisson d’avril.

Par ailleurs, la pêche débutait autrefois, le plus souvent, autour du 1er avril!

 

Gravure de la récolte de l'eau de Pâques.

Récolte de l’eau de Pâques. Gravure issue du Réseau de diffusion des Archives du Qc

Pâques

Chez les chrétiens, Pâques commémore  la résurrection de Jésus. Il vient à peu près en même temps que le solstice du printemps, alors que renaît la nature. Chez les païens, particulièrement ceux du nord de l’Europe, on  organisait des rituels pour rendre hommage au soleil, à l’eau et à l’œuf, symboles de cette renaissance. Dès le lever du soleil, on allait alors recueillir de l’eau à laquelle on attribuait des propriétés bénéfiques, voire magiques. Cette tradition s’est poursuivie par les chrétiens sous le nom d’eau de Pâques. On a longtemps pratiqué ce rituel au Québec.

Dans certaines cultures païennes, l’œuf représentait l’origine de la vie. En guise de respect, on le décorait. Une légende chrétienne raconte qu’après un long silence au cours des jours précédant Pâques, les cloches, en revenant à Rome, répandaient des œufs et des gourmandises tout au long de leur parcours. Les enfants partaient alors à la chasse aux œufs de Pâques. Cette tradition, longtemps disparue au Québec, reprend vie depuis quelques années et l’on voit souvent des enfants courir à la recherche des œufs en chocolat camouflés ici et là.

Le temps des sucres

Photo de la récolte de l'eau d'érable vers 1880.

Récolte de l’eau d’érable, vers 1880. Fonds J.E. Livernois Ltée BAnQ

Une tradition typique de chez nous consiste à faire évaporer de l’eau d’érable pour en obtenir du sirop, de la tire ou du sucre. De la mi-mars à la fin avril, c’est le temps des sucres. L’entaillage des bouleaux et des érables provient d’une tradition des Amérindiens du nord-est de l’Amérique. Les colons français ont vite adopté cette habitude pour en faire une occasion de festivité. À l’origine, on attendait l’avènement de Pâques pour goûter aux produits de l’érable autour d’un copieux repas ayant pour plat principal le jambon plutôt que l’agneau traditionnel des chrétiens. Le choix de ce mets proviendrait des Celtes.

Dans le Haut-Richelieu, c’est principalement autour de la montagne Saint-Grégoire que ça se passe. Chaque année, des milliers de personnes se donnent rendez-vous dans l’une de ces nombreuses cabanes.

Et surtout, n’oublions pas le dicton : « En avril, ne te découvre pas d’un fil! »

 

Texte de Réal Fortin

Carnaval et Mardi Gras

 

 

 

TRAVERSEZ L’HIVER AVEC LE SOURIRE, C’EST LE TEMPS DU CARNAVAL!

Chez les chrétiens, la période de carnaval pouvait débuter le lendemain de la fête des Rois pour se terminer au Mardi gras, dernier jour pour s’amuser, se costumer, parader dans les rues et lâcher son fou. Cette tradition a connu son apogée au cours du Moyen Âge. C’était une période de jours gras, durant laquelle on pouvait manger de la viande en abondance.

Cette période s’arrêtait le Mercredi des Cendres qui marquait le début du carême et de quarante jours d’abstinence pour rappeler le jeûne de Jésus  dans le désert. On passait alors aux jours maigres.

Illustration fête des fous - Carnaval, moyen âge

Fête des fous – Carnaval, moyen âge. Crédit photo BAnQ.

Le saviez-vous?

Cette tradition carnavalesque proviendrait d’un mélange de manifestations païennes. Chez les Grecs de l’Antiquité, c’était l’Apokries où l’on se déguisait, buvait et dansait en l’honneur de Dionysos, dieu du vin et de la vigne. Les Romains ont poursuivi cette coutume sous le nom de Bacchanales en hommage à Bacchus, également dieu de l’ivresse et des débordements.

 

 

Chez nous

Couronnement de la reine du Carnaval, 1960, NDA. Photos du Carnaval N.D.A

Couronnement de la reine du Carnaval, 1960, NDA. Photos du Carnaval N.D.A. – collection privée d’Estelle McQuillen-Blain.

Dans le Haut-Richelieu et le Québec, on a adapté cette coutume à notre climat  pour en faire une fête de la neige. L’un des premiers carnavals locaux a été organisé par l’Association sportive de la paroisse Notre-Dame-Auxiliatrice en 1945.

Les activités se déroulaient d’abord autour d’un « rond de glace » avec ses patineuses de fantaisie, sa reine du carnaval, son bonhomme de neige, ses souques à la cordes, ses bouffonneries sur patin, etc. Au fur et à mesure, se sont ajoutés les défilés dans les rues, les concours de mascarades, les jeux extérieurs et même la traversée de la rivière.

Notons que le carnaval d’Iberville, toujours célébré et nommé Iber-Neige depuis 1990, a été créé en 1963. Dans une moindre mesure, d’autres municipalités comme Saint-Luc, L’Acadie, Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix et Saint-Alexandre ont temporairement emboîté le pas.

Textes de Réal Fortin

 

Bonhomme carnaval couronnant la reine - 1967

Bonhomme carnaval couronnant la reine – 1967 – crédit BAnQ

La ceinture symbolique de notre « Bonhomme Carnaval »

Le Bonhomme Carnaval participe à son premier vrai carnaval en 1955. Il a toujours porté une ceinture avec des motifs à têtes de flèches. La première ceinture portée par Bonhomme a été fabriquée au métier domestique. Depuis la fin du XXe siècle, Bonhomme porte une authentique ceinture fléchée tressée aux doigts. Le modèle arboré est celui de L’Assomption. Ce modèle fait référence à la région dans laquelle il a été développé au début du XIXe siècle. Produire une ceinture traditionnelle de L’Assomption requiert plus de 500 heures de travail par l’artisan. Un vrai bijou.

                        Texte de Mireille Demers

Exposition

Du 2 au 7 mars, voyez les ceintures fléchées authentiques tressées à la main par Mireille Demers et Clara Lamothe-Demers, exposées dans la verrière de la maison Epiphany au Domaine Trinity !

La « Mi-carême »

Autre fête intéressante et oubliée, la « Mi-carême » était très importante à l’époque. On fête beaucoup l’Halloween maintenant mais çà, c’est anglais! Les français fêtaient la « Mi-carême » ! Une façon de se libérer un peu des interdictions promulguées par l’Église pendant le carême. On se costumait, on se jouait des tours, on buvait et on faisait la fête…pendant une semaine ! Cette tradition tiendrait toujours dans trois ou quatre petits villages, où tout le monde se connaît assez pour entrer dans la maison les uns et des autres.

Pour en savoir plus, lisez « Mi-carême : une fête québécoise à redécouvrir » de Francine St-Laurent, disponible à la bibliothèque de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Texte de Christian Poupart, Les Amis de l’église patrimoniale de L’Acadie

L'Épiphanie et sa galette des rois
 

Illustration tradition gâteau des rois

Illustration représentant la tradition du gâteau des rois. Crédit photo BAnQ.

 

Autrefois, la mère de famille préparait le gâteau des Rois en prenant soin d’y insérer une simple fève. Le jour de l’Épiphanie, très attendu par les enfants, celui qui trouvait la fève avait l’honneur d’être couronné le roi du jour. À l’adolescence cependant, on espérait ne pas avoir la malchance de « frapper » cette fève qui nous condamnait à nous coiffer d’une couronne … en carton.

 

Roi et reine de la Société St-Jean-Baptiste de la paroisse Notre-Dame-Auxiliatrice, vers 1970

Roi et reine de la Société St-Jean-Baptiste de la paroisse Notre-Dame-Auxiliatrice, vers 1970. Collection Réal Fortin.

Cette tradition se pratiquait même au-delà de la famille. C’était notamment l’une des missions de la Société Saint-Jean-Baptiste. Ainsi, lors de la réunion du mois de janvier, certaines sections, dont celle de la paroisse Notre-Dame-Auxiliatrice, perpétuaient cette coutume qui rappelait la visite des Rois Mages.

Cette tradition avait disparu pendant plusieurs années, mais il semble que la galette des Rois, préparée par des boulangers récemment venus de France, l’ait ressuscitée avec de légères différences.

 

Le saviez-vous?

Cette célébration est une adaptation des Saturnales fêtées par les Romains. Au cours de la semaine précédant le solstice d’hiver, c’était l’occasion de grandes réjouissances; l’autorité des maîtres était temporairement suspendue et les esclaves pouvaient agir sans trop de contraintes. L’un d’eux était parfois même choisi à titre de grand maître!

 

 

La Chandeleur et la Saint-Valentin
https://www.youtube.com/watch?v=tCxdO8eXisw&t=2s

La Chandeleur

Cérémonie liturgique de la Chandeleur

Cérémonie liturgique de la Chandeleur. Crédit photo BAnQ

La froidure du mois de février laisse entrevoir le retour des jours plus longs et le triomphe de la lumière. Sans doute y a-t-il un lien avec la Chandeleur, mettant à l’honneur la flamme de la chandelle. Durant cette cérémonie liturgique, on faisait bénir des cierges qui, espérait-on, assureraient une protection contre les éventuels malheurs.

Dictons populaires associés à la Chandeleur :

  • « À la Chandeleur, l’hiver cesse ou prend vigueur. »
  • « À la Chandeleur pluvieuse ou claire, quarante jours d’hiver avons à faire. »
  • « À la Chandeleur, les jours croissent de plus d’une heure. »

Ces dictons populaires ont donné naissance au jour de la marmotte. Le 2 février, si cette dernière sort de sa tanière alors qu’il fait soleil, elle retournera dormir pendant six semaines en apercevant son ombre. L’hiver sera long.

On associe également au 2 février la coutume de manger des crêpes.

 

La Saint-Valentin

Les origines de la Saint-Valentin

Février, c’est la célébration de la jeunesse et de l’amour. Saint-Valentin fut un prêtre qui, au temps des Romains, contrevint à un édit interdisant le mariage. Il fut alors condamné à la peine de mort par décapitation. Ironiquement, son insoumission lui valut le titre de patron des amoureux.

Le saviez-vous? Les festivités qui entourent cet événement correspondent aux Lupercales dans la tradition romaine.

Les Lupercales, au temps des romains

Les Lupercales, au temps des romains. Crédit photo BAnQ.

À cette occasion, les femmes qui souhaitaient avoir un enfant en cours d’année recevaient des coups de fouet composé de lanières sacrées pour stimuler leur fécondité. Certains y ont associé le dieu Cupidon, fils de Mars et de Vénus, qui, selon la mythologie, lançait ses fléchettes pour provoquer le désir amoureux.

Chez nous

Autrefois, la paroisse de Saint-Luc comprenait tout le territoire actuel de Saint-Jean jusqu’aux frontières. Lors d’une visite paroissiale, le curé Charles Berthelot  célébra, le 14 février 1810, la première messe sur le territoire qui deviendra plus tard la paroisse de Saint-Valentin.

Depuis 1994, la petite municipalité profite de son toponyme pour organiser diverses activités entourant l’amour. Pour cette occasion, on invite les amoureux à faire parvenir leurs lettres d’amour au bureau de poste qui y appose un cachet d’oblitération spécial avant de l’envoyer au destinataire.

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À noter :

-La paroisse de Saint-Valentin comprenait à l’origine, un vaste territoire réunissant Saint-Paul-de-l’île-aux-Noix et Saint-Blaise.