La résidence sise au 715, rue Maria-Boivin aurait été construite vers 1828, selon les informations contenues dans les rôles d’évaluation. Cette date semble erronée, car la maison adopte une typologie formelle qui apparaît au Québec dans les années 1860. Il s’agit probablement d’une ancienne propriété qui a été transformée à la fin du XIXe siècle pour en faire une demeure de style Second Empire. La maison se compose d’un corps de logis à deux étages de plan rectangulaire, d’une toiture mansardée, de lucarnes à fronton arrondi, d’un porche, d’un oriel et d’un volume annexe à toiture plate.

La transformation la plus importante en ce qui a trait à l’intégrité formelle consiste à l’ajout d’un volume annexe sur la façade latérale droite. Cette addition affecte peu la lisibilité du volume original. L’intégrité matérielle reste bonne, même si la demeure a subi des modifications. La maison possède une structure de brique laissée à nu. Cette technique constructive disparaît à la fin du XIXe siècle, et elle se remarque à l’insertion de rangs de briques posées en boutisse dans l’appareillage. La porte à panneaux ainsi que les fenêtres à battants et à guillotine ont été conservées. La demeure repose sur un solage de pierre. Le programme décoratif est sobre pour une résidence de style Second Empire. Il se compose de plates-bandes de briques posées en soldat au-dessus des ouvertures à arc surbaissé, de chambranles et d’une corniche à consoles.

Malgré l’ajout d’un volume, la propriété de la rue Maria-Boivin forme un ensemble d’une grande homogénéité architecturale : parement et recouvrement de couleur similaire. Il s’agit d’un exemple de transformation d’une maison ancienne pour l’adapter, de manière réussie, aux modes architecturales en vigueur. Elle se classe parmi les plus modestes demeures Second Empire en ce qui a trait à ses dimensions et à sa décoration épurée. Les lucarnes à fronton arrondi sont des ornements peu fréquents dans le secteur d’Iberville.